Rombach-le-Franc, 68660
Bienvenue à Rombach-le-Franc, commune française située dans le département Haut-Rhin et la région Alsace.Vous trouverez ici quelques infos sur la commune et notre sélection de sites sur Rombach-le-Franc.
     
 
 

Rombach-le-Franc en bref

Département : Haut-Rhin
Code postal : 68660
Population : 0 habitants
Région : Alsace
Arrondissement : Ribeauvillé
Canton : Sainte-Marie-aux-Mines

Histoire de Rombach-le-Franc

Rombach-le-Franc a vu défiler en 1200 ans plusieurs changements politiques et résisté à toutes les tentatives de germanisation. Cette permanence de la langue française dans une ancienne enclave lorraine en Alsace est somme toute assez remarquable et peut s'expliquer par les vicissitudes de l'histoire. Elle est due à la présence du prieuré de Lièpvre, dont il ne reste plus rien qui a longtemps été affiliée à la basilique royale de Saint-Denis, et à la mainmise des ducs de Lorraine sur cette contrée jusqu'en 1766 année à laquelle elle fut rattachée à la France.
La période franque
Durant plusieurs siècles la région appartient à trois groupes d'Alamans qui occupent les terres proches du Val de Lièpvre[1], puis aux Francs. Elle est ensuite conquise par les Mérovingiens et les Carolingiens.
Le premier groupe d'Alamans s'installa près de Guémar baptisé Garmaringen, le second Odeldinga (installé près de Orschwihr) et le troisième à Burninga[2]. Chacune de ces communautés était propriétaire d'un vaste territoire qu'on appelait à cette époque marche, et qui à l'ouest s'enfonçait profondément dans les Vosges, jusqu'à la Liepvrette. Les terres de Garminga allaient semble-t-il jusqu'à Echéry. À cette époque les Alamans repoussent les Gallo-romans qui peuplaient alors la plaine d'Alsace et qui vont se réfugier dans les montagnes. Puis arrivent les Francs qui annexent les trois marches du fisc du roi.
Le baptême de Clovis, d'après Saint Gilles
Conservant la propriété, ils laissent aux Alamans le soin d'exploiter et de défricher les terres en compagnie de journaliers francs. C'est à époque qu'apparaît le toponyme heim que l'on retrouve dans les principaux centres de la région de la Moyenne Alsace (Kintzheim et Bergheim). Les seigneurs francs fondent des localités dont les noms se terminent en villar (Ratbaldovillar aujourd'hui appelé Ribeauvillé). Les responsables francs font venir par la suite sur leurs domaines des cultivateurs de langue romane, d'où l'apparition de nouveaux noms issus de l'idiome roman (Châtenois)[3].
C'est aussi l'époque où l'on voit apparaître des noms des cours d'eau et des rivières. A l'époque gallo-romaine le surffixe acus s'ajoutait généralement à un nom d'une personne pour former le nom du domaine. Ainsi la terminaison bach (ruisseau) ne proviendrait pas de l'allemand, mais du celtique acus que l'on retrouve dans de nombreux domaines en France [4]. C'est le cas par exemple du ruisseau du Rombach alors que le nom de la Liepvrette proviendrait du mot celtique Labar dont la forme latinisée est Leber signifiant la montagne ou la colline [5].
Autre curiosité que l'on doit vraisemblablement à l'époque franque, les noms en "goutte". La région regorge de noms de ce genre : Belhengoutte, Degelingoutte, Gelingoutte, Hargoutte, Naugigoutte, Perdaugoutte, Vourogoutte (Rombach-le-Franc) ; Entregoutte (Lièpvre); Rougigoutte (Sainte Croix-aux-Mines) ; Mongoutte, (Sainte Marie-aux-Mines) ; Chevregoutte, (Le Bonhomme) ; Codongoutte (Lapoutroie) ; Gemaingoutte (Vosges), etc.
Ruine du château du Frankenbourg
Non loin de Rombach-le-Franc, sur la commune de Neubois, se trouve le château du Frankenbourg qui d'après la légende serait l'œuvre de Clovis à laquelle il aurait ajouté une chapelle arborant sur les vitraux et sur la pierre, trois crapauds noirs sur champ blanc, emblème païen du roi. Après la conversion de Clovis au christianisme, les crapauds firent place à trois fleurs de lys représentant la Sainte Trinité. Specklin, en parlant du château du Frankenbourg affirme que lorsque Clodovig ou Clovis fit la conquête de l'Alsace à la fin du Ve siècle, il fit bâtir sur un plateau situé entre les deux vallées de la Liepvrette et du Val de Villé un château qu'il baptisa forteresse du Frankenbourg (Burg der Franken) et y bâtit aussi une chapelle. L'ancien annaliste Specklin dit avoir vu à son époque sur l'un des vitraux peints qui existaient encore à la chapelle, trois couronnes noires sur un champ d'argent.
C'est aussi, selon la légende que la reine Clothilde, épouse de Clovis serait venue au château pour implorer Dieu de donner la victoire aux Francs. Le château du Frankenbourg est mentionné pour la première fois en 1123 dans une charte de l'empereur Henri V.
Vers 670 apparaît le duché d’Alsace qui dura jusqu'en 740. Les ducs successifs sont Gondoin, Boniface, Etichon (forme latinisée) ou Aldaric (forme germanique), Adalbert et Luitfrid. Ils favorisent l'expansion du christianisme en créant ou en autorisant des abbayes comme Wissembourg, Munster, ou Hohenbourg (Sainte-Odile). Luitfrid II descendant du duc Aldaric ou Etichon possède des terres du côté du Petit Rombach à Sainte Croix-au-Mines qu'on appelle plus tard Belmont et Echéry. A la mort de Luitfrid I, Pépin le Bref disgracie les membres des Etichonides et l'Alsace est divisée en deux comtés, le Nordgau et le Sundgau.
La période carolingienne
Des personnages francs assez importants apparaissent en Alsace, dont Riculfe, comte d'Alsace, le père de l'abbé Fulrad qui reçut en Alsace d'immenses terres confisquées aux Etichonides du côté de Kintzheim. Des seigneurs laïcs et ecclésiastiques encouragent l'immigration de populations romanes pour repeupler la vallée. L'Église commence alors à s'intéresser à la région dont un abbé, nommé Fulrad, s'occupe pour servir la cause carolingienne. L'abbé Fulrad né en 710 au pays de la Seille (la Mosellane) apparenté aux Pépinides (ou Pippinides) faisait partie de la même famille que Pépin le Bref ou Carloman. C'est sans doute la raison pour laquelle ces deux personnages et plus tard Charlemagne lui donnent d'importantes missions d'ordre diplomatiques. En 750 Fulrad entreprend la construction d'une route reliant la Lorraine à l'Alsace qui passe par le Petit Rombach, sur les terres appartenant au comte Luitfrid Ier avec l'approbation de Pépin le Bref. Ces terres appartenant très certainement aux Etichonides restèrent dans leur domaine.
Mosaïque représentant Adalric dans son caveau au mont Sainte-Odile en Alsace.
À l'époque de Luitfrid II (745-780) ces terres sont transmises à ses deux fils, Leuthard et Hugues III. Les deux fils de Luitfrid III accordent ces terres en 836 à Ermengarde la propre fille de Hugues III dit le Peureux, comte de Tours et de la Haute-Alsace [6]. Il est affublé du nom de "Peureux" pour avoir tardé à porter secours à Bernard de Septimanie qui combattait les Sarrazins (ainsi que Mainfroi comte d'Orléans) qui ravageaient le sud de l'Aquitaine. Ils sont destitués de leurs titres en 828 par l'empereur Louis le Pieux et accusés de trahison et condamnés à mort. Sous l'influence de Wala de Corbie ils sont graciés mais perdent leur comté et leurs biens. Hugues III et Mainfoi sont des personnages assez importants. Ils se rangent du côté de Lothaire I (795-855) le fils de l'empereur et deviennent des acteurs importants des guerres civiles dans la Francie de l'ouest entre l'empereur et ses fils. Hugues III de Tours et de la Haute Alsace dit le Peureux (765-836) a marié sa fille, Ermengarde à Lothaire Ier le fils aîné de Louis le Pieux le 15 octobre 821 à Thionville alors qu'il n'est pas encore roi de Francie mediane ni empereur. Hugues III est nommé ambassadeur de Constantinople vers 821 par l'empereur Louis le Pieux. Peu avant 799, selon la légende, il apportera les reliques de saint Nabor à l'abbaye de Niedermünster en même temps que deux manuscrits et une relique de la vraie croix remis par Charlemagne. Il fit enchâsser la relique de la vraie croix dans une grande croix en argent qu'il chargea sur le dos d'un chameau et demanda à cinq chevaliers de suivre l'animal. Le chameau s'arrêta à Niedermünster, au pied du mont Sainte-Odile, devant la porte du couvent à la grande stupéfaction de l'abbesse et des cinq nones. La croix fut dressée à l'intérieur de l'église abbatiale de Niedermünster.
Ermengarde fait construire, en 836, après la mort de son père Hugues III dit le peureux, au Petit Rombach un sanctuaire dont elle fait cadeau plus tard à l'abbaye de Gorze (Moselle). Des ermites s'installent plus tard dans cette région qui prend le nom de Belmont qui veut dire belle montagne et qui en allemand est nommé Schoenberg [7]. Plus tard, Lothaire II (né en 825) qui règne de 855 à 869 confirme les biens en faveur de l'abbaye de Gorze le 15 octobre 859 depuis un diplôme envoyé de Strasbourg, la quatrième année de son règne [8]. Selon Michel Parisot et Christian Pfister ce diplôme serait un faux inventé par Jérôme Vignier [9].
Un moine de l'abbaye de Gorze nommé Blidulphe (ou Olridulphe) décida un jour d'abandonner toutes ses richesses et de se consacrer entièrement à la contemplation en se fixant aux environs de 938 dans cet endroit isolé du Val de Lièpvre en compagnie du moine Gundelach de l'abbaye de Fulda, région de Hesse. Blidulphe était un personnage assez important, il avait fait ses études à Saint Rémi à Reims et eu comme maître Rémi d'Auxerre. C'est auprès de lui que Hildebold de Saint-Mihiel fit également ses classes. Blidulphe est nommé archidiacre et primicier de la cathédrale de Metz. Lors de son séjour à Metz, Blidulphe atteint d'une grave maladie, guérit de façon mystérieuse. Il demande à l'abbé Einold qui gouvernait l'abbaye de Gorze de 933 à 968 de lui donner l'habit monastique sur son lit de malade. Degerman suppose que Blidulphe a dirigé la première exploitation minière au profit des seigneurs d'Echéry. Ces filons découverts, il fallait ensuite les exploiter, former des ouvriers et instruire les cadres capables de les diriger[10]. Les mines d'argent, de cuivre et de plomb dans les Vosges du versant alsacien étaient semblent-il déjà connu des Alamans. Du temps de Gérard, évêque de Toul, il est question de la dîme que doivent les moines du Val de Lièpvre [11]. Plus tard au XIIe siècle l'abbaye d'Echéry est rattachés au prieuré bénédictin de Moyenmoutier.
L'origine du nom de la commune
Le Rombach est le nom donné à un cours d'eau qui traverse le village et qui prend sa source au col de la Hingrie située à 749 mètres d'altitude. Le Rombach est le principal affluent de la rive gauche de la Liepvrette, le confluent se situant dans la localité de Lièpvre situé à 2 km. L'origine du mot Rombach est sans doute fort ancienne. Elle pourrait dater de l'époque gallo-romaine et trouverait son origine au VIe ou VIIe siècle. Selon la coutume franque, et afin de garantir la fidélité des guerriers, les successeurs de Clovis avaient pour habitude de distribuer des terres sous la responsabilité d'un chef. Dans notre cas il fut confié à un propriétaire franc germanique du nom de Rumo. À cet anthroponyme fut ajouté le mot germanique bach, c'est-à-dire "ruisseau" = rivière. On retrouve le nom de Rombach dans plusieurs lieux-dits ou villages actuels : Rombas en Moselle, Rombach (dans le Brisgau) le Petit Rombach, le Grand Rombach dans le Val de Lièpvre à 5 km de la commune de Rombach-le-Franc, mais aussi Martelange-Rombach dans le canton de Redange, district de Diekirch, au Grand Duché du Luxembourg. Ainsi ce Rumo, propriétaire de plusieurs domaines est sans doute l'instigateur d'une communauté rurale et peut être considéré comme le fondateur de Rombach [12] . Rumo a d'ailleurs donné son nom à une commune de la province de Trente dans la région du Haut-Adige en Italie.
Rombach-le-Franc: Le ruisseau du Rombach au milieu du village
La première désignation du nom de ce ruisseau est évoqué dans un parchemin de Charlemagne où il mentionne une donation qu'il fit à l'abbé Fulrad le fondateur du prieuré de Lièpvre le 14 septembre 774 qui se trouve aux Archives nationales [13]. Dans ce parchemin le Rombach est désigné sous sa forme carolingienne, Rumbach.
Denier sous Charlemagne
Une autre explication du nom Rombach est donnée par Monsieur Pfister qui dans un remarquable article paru en 1888 dans les Annales de l’Est imprimée à Nancy, page 434, où il signale que le nom ne proviendrait pas de l'allemand bach, qui veut dire ruisseau, mais du celtique acus, que l'on retrouve dans de nombreux lieux français. À l'époque gallo-romaine l'additif acus se joignait d'ordinaire à un nom d'une personne pour former le nom du domaine.
Quant au deuxième nom Allemand, il proviendrait du mot Almend qui désignait des terres appartenant à l'empire mis gracieusement à la disposition d'une communauté de citoyens. Le terme Almend est probablement apparu vers le XIe siècle lorsque Frédéric de Souabe le fondateur de la lignée des Hohenstaufen s'est emparé d'une grande partie de l'Alsace dont entre autre le Val de Lièpvre. Ce terme a ensuite été déformé dans son phonétisme et son vocabulaire par les influences des populations alémaniques et welches. Ce mot a été utilisé dans l'idiome alsacien dans les transactions avec les habitants de Rombach-le-Franc que les Welches prononcèrent par Almend Rumbach. La transformation du mot Almend vers le mot Allemand peut s'expliquer par la tradition orale du parler d'autrefois. À l'époque peu de gens savaient lire et écrire. Les documents de l'époque se basaient donc d'après le langage populaire d'où des déformations possibles. On en trouve des preuves dans les archives de Meurthe-et-Moselle où la commune est désignée en 1486 par Lalman Rombach et en 1519 par Alman Rombach [14]. Thierry Alix, président de la chambre des comptes du Duc de Lorraine désigne dans son chapitre publié en 1594 la commune sous le nom de Almon Rombach [15]. La Cosmographie de Sébastien Munster publiée à Bâle en 1550 appelle le village par son nom latin Germanicum Rumpach .
Dès 1383 le prieuré Sainte Foy de Sélestat entre en possession de terres et de forêts à Rombach-le-Franc. Il devient ainsi propriétaire de la forêt du Hantchy ou Hantché que les germanophones appellent le Langerain. Le village est appelé Thuescherumbach par les moines de Sélestat, ce qui est la traduction du mot Allemand Rombach qui était la forme primitive du nom de la commune à partir du XIVe siècle. C'est peut-être là l'explication du nom du village et il ne faut sans doute pas y voir d'autres explications. D'autant plus, que contrairement à ce qui a pu être dit il n'y a jamais eu dans le village une importante communauté d'Allemands. D'après les archives, Rombach-le-Franc a toujours eu une importante population d'origine française. En 1585 et 1588 sur 64 noms d'un côté et 49 de l'autre, on ne relève à peine que trois noms d'origine allemande à Rombach-le-Franc, ce qui semble indiquer une très forte proportion d'habitants de langue française [16] Tous les anciens documents de cette époque qui se trouvent aux Archives de Meurthe-et-Moselle (puisque Rombach-le-Franc a fait partie du Duché de Lorraine) évoquent les lieux-dits par des noms à consonance française : la Hingrie, la Vaurière, la Chambrette, Prérébois auxquels viennent s'ajouter de nombreux noms en "goutte" qui désignent une petite vallée : Hargoutte, Naugigoutte, Biagoutte, Vougnigoutte, Pierreusegoutte, Vourogoutte, etc. [17]. Le chat pendu dont l'origine n'est toujours pas connue a sans doute une relation avec le patois vosgien et pourrait s'expliquer par essain perdu provenant du mot chapture [18]. On retrouve d'ailleurs des similitudes dans l'autre partie du versant vosgien et dans le Val d'Orbey où plusieurs lieu-dits ont des noms qui se terminent en "goutte». Dépendant administrativement des ducs de Lorraine à partir du XVe siècle, Rombach-le-Franc fait partie d'une enclave lorraine jouxtant la frontière avec l'Alsace. Certains lieux rappelle cette annexion : le chemin de Lorraine qui relie la Hingrie au département des Vosges vers Lubine (Vosges) ou encore le "Pré de Lorraine", une ancienne propriété enclavée dans la forêt communale qui appartenait pendant très longtemps à des lorrains et qui se trouve au lieu dit de Degelingoutte d'une superficie de 3,38 hectares. Cette propriété a ensuite été vendue après la Révolution à des particuliers. Depuis le 9 avril 1933 cette propriété appartient à la commune.
Lors du rattachement de l'Alsace et de la Moselle au Reich allemand en 1871 et en 1940 le village prend le nom de Deutsche Rumbach au grand désarroi de la population francophone du village. C'est pour mettre un terme à cet embrouillement, et ayant pu mesurer ce qu'il y avait d'inexact et de blessant dans une pareille appellation, que dans sa séance du 2 décembre 1918 le conseil municipal décida de rebaptiser l'Allemand Rombach en Rombach-le-Franc pour bien réaffirmer son attachement à la France [19].
Le village est d'abord une dépendance du prieuré de Lièpvre
Statue de Charlemagne en Allemagne
Charlemagne et son fils Louis le Pieux
La localité est fort ancienne puisqu’elle est pour la première fois citée dans un acte de donation de Charlemagne signé le 18 des Calendes d'octobre, la sixième année de son règne (14 septembre 774) signé depuis le palais de Duren, près d'Aix-la-Chapelle. Dans ce parchemin qui se trouve aux Archives nationales de France, il lègue à l'abbé Fulrad tout le Val de Lièpvre dont Rombach-le-Franc faisait alors partie [20]. Les terres appartenaient d'abord au fisc royal de Kintzheim (appelé anciennement Quuninishaim). Issu d'une famille noble apparentée aux Pippinides l'abbé Fulrad a longtemps été considéré comme originaire de l'Alsace parce qu'il possédait d'immenses propriétés et parce qu'il a mis en valeur la région. Fils de Riculfe, comte d'Alsace, franc d'origine et d'Ermengarde, qui possédaient des terres à Saint-Hippolyte confisqués aux Etichonides et données par Pépin le Bref.Issu d'une famille ayant aussi de riches propriétés entre Meuse et Moselle il est intimement lié aux Pippinides (687-768). Son fils, Fulrad fut l'instigateur du coup d'État de 751 qui mit fin au règne des Mérovingiens en Europe et à la naissance de la dynastie carolingienne avec Pépin le Bref et Charlemagne. La patrie d'origine de l'abbé Fulrad est la région comprise entre la Meuse et la Moselle (le berceau des Pippinides), l'Austrasie Méridoniale et non l'Alsace comme on l'a longtemps supposé. Fulrad est donc mosellan et « compatriote » des Carolingiens et aussi originaire de la même région que Pépin le Bref.[21]. C'est sans doute pourquoi Pépin le Bref l'a choisi pour des missions délicates. Fulrad meurt le 17e des Calendes d'août selon l'ancien nécrologue de l'Abbaye de Saint-Denis) soit le 16 juillet 784. Son corps aurait d'abord été inhumé à Saint Denis puis transféré à l'abbaye de Lièpvre. Sa fête se célèbre le 17 février, jour anniversaire de sa translation. Selon la légende son corps aurait été inhumé dans l'église du prieuré de Lièpvre et aurait sans doute disparu en 1445 à la suite de l'attaque du comte palatin et de l'évêque de Strasbourg qui saccagèrent le couvent en représailles de l'hospitalité que Lièpvre avait offert aux Armagnacs. L'épitaphe que lui dressa le moine-savant Alcuin, mentionne que son corps fut d'abord inhumé à Saint-Denis. On peut y lire " que Fulrad fut le plus illustre de tous les abbés qui gouvernèrent l'abbaye de Saint-Denis. Il vécut dans la plus haute estime et dans une approbation quasi générale, chéri par cinq papes, trois rois et des plus illustres personnages de son siècle.
Rombach-le-Franc: L'église Sainte Rosalie vue depuis la colline du Cheval Poirier
Pendant dix siècles, les villages de Rombach-le-Franc et de Lièpvre ne formèrent qu'une seule et même communauté, subordonnés toutefois aux autorités de Lièpvre. En 1587 les deux "gouverneurs" sont mis à l'amende pour avoir levé la dîme sur les habitants sans l'aval du maire de Lièpvre. Au début du XVIIIe siècle on trouve un juré qui représente son village aux plaids annaux [22] de Lièpvre et deux himbourgs, c'est-à-dire deux comptables [23]. À la fin du XVIIIe siècle, Rombach-le-Franc commencera à disposer d'un statut particulier et disposera de ses propres revenus.
Les événements à partir du XIe siècle
Le duc de Souabe s'empare d'une partie des terrains situés à Rombach-le- Franc pour affaiblir le pouvoir castral des moines du prieuré de Lièpvre. Jusqu'à la fin du XIe siècle l'ensemble des terrains situés à Rombach-le-Franc dépendent encore du prieuré de Lièpvre. À cette époque le territoire est encore quasiment recouvert de forêts. Les moines avaient obtenu en 774 de Charlemagne le droit de pâturage pour le bétail et la possibilité d'exploiter la forêt et de chasser le gibier. Dans la deuxième moitié de la décade la maison dite d'Alsace prend possession du Val de Lièpvre vraisemblablement à la suite de la découverte des riches mines d'argent dans la région qui avaient commencé à être exploitées par les moines de l'abbaye d'Echéry au Petit Rombach situé à 5 km de Rombach-le-Franc. Ces terres appartenaient depuis le VIIIe siècle à Luitfried I né en 715 décédé en 767 comte d'Alsace [24]. Les terres passèrent ensuite à son fils Luitfried II (745-802). Il avait deux fils, Leuthard et Hugue qui accordèrent vers l'an 835 une partie des terrains à la fille de cette deuxième, Ermengarde qui fit construire un petit sanctuaire. Elle se mariera plus tard à Lothaire Ier, roi de Lorraine qui fera cadeau plus tard de ces terres à l'abbaye de Gorze (Moselle). Son successeur Lothaire II confirmera ses biens à l'abbaye de Gorze dans un diplôme envoyé de Strasbourg le 15 octobre 859. Presque un siècle plus tard, un moine de l'abbaye de Gorze se retirera avec quelques moines dans ce lieu sauvage réputé pour ses mines d'argent [25]. C'est sans doute en vertu de cet acte que les ducs de Lorraine s'emparèrent progressivement du Val de Lièpvre. Grâce à l'exploitation des mines d'argent les moines de Gorze purent développer et agrandir le petit sanctuaire qui deviendra un prieuré rattaché à l'abbaye de Gorze et vers le XIIe siècle à l'abbaye de Moyenmoutier.
Conrad III
Au début du XIIe siècle, Rombach-le-Franc fait l'objet de convoitises. Frédéric II dit le Borgne, duc de Souabe depuis 1105, dont relevait l'Alsace s'empare d'une partie des terrains situés sur la rive gauche du Rombach. Un vidimus daté du 26 avril 1095 et reproduit au XIIIe siècle (l'original ayant disparu) confirme un acte de donation de Frédéric II en faveur du Prieuré de Sainte-Foy de Sélestat. Dans ce document il mentionne qu'il donne aux moines de Sélestat de vastes domaines forestiers situés entre le Giessen et la Liepvrette, proche de Fouchy, dont l'église dotée par Otton évêque de Strasbourg et de prairies (Almend) à Rombach-le-Franc [26]. Ainsi les moines de Lièpvre sont peu à peu spoliés par un nouveau concurrent, sans que le duc de Lorraine n'élève sa voix. A l'époque c'est Simon Ier, duc de Lorraine qui règne sur la Lorraine
Barberousse habillé en croisé
Miniature de 1188
C'est Mathieu Ier de Lorraine, dit le débonnaire (1110-1176), duc de Lorraine de 1139 à 1176 qui lui succède. Il était le fils de Simon Ier, duc de Lorraine et de Adélaïde de Supplimbourg. Il succède au moment de la dynastie des Hohenstaufen qui s'installe sur le trône impérial. Il va d'ailleurs renforcer les liens entre la Lorraine et le Saint Empire Romain Germanique en épousant Judith de Hohenstaufen, appelée Berthe (1123-1195), nièce de l'empereur Conrad III et sœur du futur Frédéric Barberousse vers 1138. Mathieu Ier fit d'importantes donations à l'Eglise et fonda plusieurs abbayes en Lorraine
Durant le règne de Mathieu Ier de Lorraine (fils de Simon), surnommé aussi le pieux à cause de ses libéralités envers l'église, celui-ci remet vers 1172 à l'abbaye de Bongart (Baumgarten) tous les terrains situés à Fouchy et une partie de la forêt à Rombach-le-Franc. Pour parer à ces spoliations venues de divers horizons, l'empereur Frédéric II dit le Borgne publie un décret en 1214 dans lequel il déclare " que les terres situés dans la ville et hors de la ville vulgairement appelées "Almend" ne doivent en aucun cas être attribués à qui que ce soit sans le consentement de l'évêque qui reconnaît tenir ces terres de l'empire et de son autorité ".
Cette mise en garde ne visait semble-il pas le duc de Lorraine, mais plutôt l'abbaye de Saint-Denis qui intervenait régulièrement auprès du roi de France pour faire restituer les terres spoliées aux moines de Lièpvre dont Rombach-le-Franc faisait alors partie. C'est probablement vers 1114 que le duc de Souabe s'intéresse à la vallée et s'accapare d'une partie des terres de Rombach-le-Franc. À la même époque ce même duc fait main basse sur le "Staufenberg" qui n'est autre que le Haut Koenigsbourg. Dans un manuscrit écrit par Odon de Deuil, chapelain de Louis VII et successeur de l'abbé Suger de Saint-Denis, il formule une demande au roi de France l'implorant d'intervenir auprès du roi Conrad III de Hohenstaufen de la lignée des Hauhenstaufen afin de faire restituer aux moines de Lièpvre des terrains injustement volés. Dans ce manuscrit le Haut Koenigsbourg est appelé Castrum Estuphin.[27].
Par la suite, en 1222, Mathieu II duc de Lorraine renouvelle ses largesses et accorde à l'abbé Lichard de l'abbaye de Baumgarten [28] située près d'Andlau quelques autres pâturages situés sur la commune. Baumgarten en latin est nommé Pomatium qui signifie verger. Dans le même diplôme il confirme que le noble chevalier Wirric dit Gorger cède à l'abbé Lichard de Baumgarten d'autres terrains sur le ban de Rumbèche (Rombach) avec le consentement de sa femme et de son fils Philippe, moyennant trente sous de toulois payables par l'abbaye en plus d'une vache blanche et 10 fromages [29]. L'abbaye de Baumgarten, près d'Andlau, fut entièrement détruite en 1525 lors de la guerre des Rustauds.
Au XIIe siècle, un tiers des terrains et bois situés à Rombach-le-Franc appartiennent encore au prieuré de Lièpvre ainsi que les dîmes qui y sont rattachés. Les deux autres tiers dépendent des comtes de Nordgau qui passent ensuite au monastère Sainte-Foy de Sélestat [30].
Les moines de Lièpvre disposaient de vastes terres, non seulement à Rombach-le-Franc, mais également à Lièpvre, Sainte-Croix-aux-Mines, et aussi à travers l'Alsace et la Lorraine.
Vers 1259 l'abbaye de Lièpvre jouissait encore de toute la juridiction temporelle dans le Val de Lièpvre. Mais petit à petit les ducs de Lorraine s'emparèrent de ses droits.
source : Wikipedia

Carte de Rombach-le-Franc

 
 
 
 
 
 
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